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La notion de « paysages olfactifs » évolue

| Garrigue méditerranéenne au domaine de Roussières, en Hérault. Dans les milieux terrestres, les paysages olfactifs sont principalement créés par les végétaux (Photo : Eve Lacassagne).

Notre relation au paysage mobilise tous les sens. Celui de l’odorat et des paysages olfactifs a pu être abordé en matière d’art ou d’urbanisme. Plus récemment « les paysages odorants » ont revêtu une dimension élargie à l’ensemble des êtres vivants dans un champ de perception et de connaissance qui s’ouvre à nous.

La question olfactive est peu explorée « dans les disciplines de l’espace, la géographie, l’architecture ou l’urbanisme » 1. Dans son article "Le paysage odorant existe-t-il ?", Suzel Balez revient sur les approches artistique, géographique et urbaine de la notion de paysage odorant, avec les géographes Douglas Porteous et Lucile Grésillon et l’architecte Victoria Henshaw. Si cette notion n’est pas définie au sens strict, elle est parfois associée à la qualité de l’air en général. La perception des « odeurs », quant à elle, est assimilée au bien-être.

Yves Sciama, dans son récent article du 10 janvier 2026 dans Médiapart « La science contemple enfin les paysages odorants » aborde l’importance vitale de la communication olfactive pour la majorité des êtres vivants, en particulier les insectes, bien au-delà de la perception humaine. Ces fonctions essentielles sont susceptibles d’être perturbées, donnant lieu à une réelle « pollution » d’origine anthropique 2, par la création de barrières olfactives, par exemple.

Face à ce constat, se pose la question essentielle de la connaissance. « Les outils permettant de faire un profil des composés organiques volatils (COV) présents en un lieu et à un moment donné » sont d’ores-et-déjà utilisés.

Cette nouvelle approche spatiale de la répartition et de la densité des COV ouvre désormais le champ des études sur les interactions entre l’occupation des sols, la biodiversité ou encore la résilience des paysages agricoles en fonction de la nature de leurs composants olfactifs. Certains travaux de recherche, notamment de l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae), portent en effet sur l’usage de ces « volutes odorantes » comme « alternatives aux pesticides, en éloignant les ravageurs ». Il reste encore à classifier et à qualifier les paysages odorants dans leur complexité.

L’étude des paysages odorants, en ville comme en campagne, se ramifie et revêt ainsi deux approches, à la fois sensible et scientifique, qui restent chacune à explorer.

Pour en savoir plus :




Notes et références

1Source : Le paysage odorant existe-t-il ? Suzel Balez, 2017

2L’article fait référence à la thèse de Romain Sordello : Ecologie du paysage et écologie sensorielle : prendre en compte les pollutions lumineuses, sonores et olfactives dans les trames écologiques : De la connaissance à l’action (https://theses.fr/2024MNHN0006).

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