Prise en compte de la recherche dans l’élaboration et l’évaluation des politiques publiques du pôle ministériel
L’action publique du pôle ministériel s’inscrit aujourd’hui dans un contexte de transformations profondes : adaptation au changement climatique, transitions écologique et énergétique, tensions sur les ressources naturelles, attentes accrues de la société en matière de transparence et d’efficacité, remise en cause du cadre international dans le domaine de l’environnement et du climat et du rôle de la science. Ces défis combinent des dimensions techniques, scientifiques, économiques et sociales, et s’inscrivent dans des horizons de long terme, alors que la décision publique est souvent contrainte par des temporalités courtes et des calendriers politiques. Dans ce cadre, la capacité du pôle ministériel à mobiliser la recherche et l’expertise apparaît déterminante. Le pôle ministériel dispose d’un un réseau scientifique et technique (RST) dense et diversifié, regroupant organismes de recherche, établissements d’enseignement supérieur, services techniques et agences, qui partagent une orientation forte vers l’appui aux politiques publiques. Toutefois, cette richesse s’accompagne de fragilités : dispersion des initiatives, lisibilité inégale des priorités scientifiques, difficulté à articuler les productions de recherche avec les besoins opérationnels des directions d’administration centrale (DAC), et reconnaissance encore insuffisante des activités d’appui aux politiques publiques dans les parcours professionnels des chercheurs. La mission identifie les leviers pour renforcer l’impact de la recherche dans la conception, la mise en œuvre et l’évaluation des politiques publiques et propose une transformation durable autour de trois axes. La mission préconise tout d’abord de renforcer l’incarnation et la légitimité du pilotage scientifique ministériel en faisant de la recherche une politique affirmée au plus haut niveau du pôle ministériel, en accroissant la présence de celui-ci dans les lieux de programmation de la recherche et en clarifiant les rôles et responsabilités au sein du RST. La mission invite ensuite à structurer les compétences et les coopérations en créant des pôles de compétences thématiques au sein du RST, en consolidant la capacité des DAC à exprimer et programmer leurs besoins de recherche et en intégrant systématiquement les sciences humaines et sociales dans les politiques publiques. La mission recommande enfin de développer des interfaces efficaces entre recherche et décision en structurant le processus d’opérationnalisation des recherches pour que les productions scientifiques irriguent réellement l’action publique et en multipliant les espaces d’échange. Réussir cette transformation suppose de renforcer la culture scientifique de l’État. La reconnaissance et la valorisation des parcours croisés entre recherche et action publique constituent un levier humain essentiel ; la reconnaissance pleine et entière de la mission de recherche des écoles d’ingénieurs sous tutelle du ministère complète cet ensemble.
Auteurs : Christian Cremona, Jean-Christophe Niel, Samuel Ripoll, IGEDD
Publié le 20 avril 2026