Évolution des parcours des cadres affectés sur des emplois de direction de l’administration territoriale de l’État en DDI et SGCD
Depuis le début des années 2000, l’organisation territoriale de l’État a connu des transformations majeures avec notamment la création des directions départementales interministérielles (DDI) en 2010, des secrétariats généraux communs départementaux (SGCD) en 2021, et des directions départementales de l’emploi, du travail et des solidarités (DDETS) et de la protection des populations (DDETSPP).
Ces services déconcentrés sont dirigés par des directeurs et directeurs adjoints occupant des emplois fonctionnels de direction de l’administration territoriale de l’État (DATE). Depuis quinze ans, les profils de ces cadres supérieurs, leurs conditions d’exercice et leur statut ont évolué, notamment avec la réforme de l’encadrement supérieur engagée en 2022. La mission inter-inspections réunissant six inspections ministérielles et coordonnée par l’Inspection générale de l’administration (IGA) a examiné les conditions dans lesquelles les parcours professionnels de ces cadres s’accomplissent dans la perspective de renforcer l’attractivité des emplois de DATE en département. Ces cadres supérieurs occupent deux tiers des emplois fonctionnels de direction interministériels en services déconcentrés. Représentant une diversité de profils, ils exercent des responsabilités majeures dans la mise en œuvre des politiques publiques. Si ces fonctions sont source d’une forte motivation, elles s’accompagnent de contraintes professionnelles et personnelles importantes, ce qui appelle une attention renforcée des employeurs pour mieux accompagner ces cadres et préserver l’attrait des emplois auprès des futurs candidats. Dans ce contexte, auquel s’ajoute une perspective d’augmentation du nombre de départs en retraite dans les prochaines années, il est essentiel de préparer les renouvellements sur ces postes, en tenant compte des nouvelles générations de cadres, exigeantes sur les conditions d’exercice des fonctions. La mission recommande tout d’abord un meilleur accompagnement dans la prise de poste, veillant notamment à un positionnement clair au sein du premier cercle de responsabilités du collectif de l’ATE, et un appui renforcé de la part des directions régionales et des administrations centrales. De manière structurelle, trois leviers sont identifiés : la consolidation d’une politique de constitution des viviers de recrutement ; une meilleure organisation et valorisation des parcours ; l’amélioration des dispositifs de formation à l’appui du déroulement de la carrière. Enfin, la mission préconise une gouvernance rénovée, fondée sur l’élaboration de lignes directrices de gestion interministérielles (LDGI) coordonnées par la délégation interministérielle à l’encadrement supérieur de l’État (DIESE) et sur un pilotage national renforcé. Pour la mission, cette nouvelle gouvernance permettra de mieux coordonner les employeurs et d’affirmer l’engagement des administrations centrales dans la valorisation des emplois de l’administration départementale de l’État.
Auteurs : Nathalie Colin, Stéphane Rouvé, IGA ; Éric Ginésy, IGAS ; Jean-Pierre Lestoille, Éric Tanays, IGEDD ; Magali Pecquery, CGAAER ; Éric Cayol, IGÉSR ; Nicole Nespoulous, DGCCRF
Publié le 4 juin 2026