Structuration de la représentation de la filière pêche à Saint-Pierre-et-Miquelon - Mission d’appui visant à orienter les professionnels de la filière et les services de l’État

L’archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon connaît une période de transitions démographique et économique qui questionne la pérennité de son modèle de développement. Dans ce contexte, la structuration de la filière pêche constitue un enjeu pour consolider un socle d’activités productives et préserver la vocation maritime du territoire.

Malgré un potentiel halieutique considérable (environ 30 000 tonnes de biomasse exploitable), la filière pêche souffre de dysfonctionnements structurels persistants. En pratique, seules 2 à 3 000 tonnes sont effectivement pêchées chaque année traduisant une sous-exploitation chronique des ressources disponibles. A cela s’ajoute un déficit d’évaluation scientifique sur certaines espèces dans la zone économique exclusive (ZEE) française, ce qui nuit à une gestion durable de la ressource. Enfin, l’absence d’une organisation professionnelle représentative freine la coordination des acteurs, entrave la mise en œuvre de stratégies communes d’adaptation face aux défis environnementaux et économiques, d’investissements, de valorisation des produits de la pêche. Le rapport identifie trois axes d’intervention prioritaires. La création immédiate d’une structure regroupant pêcheurs artisanaux et hauturiers pour élaborer un plan pluriannuel de gestion des quotas et préparer les statuts d’une organisation professionnelle pérenne. Cette démarche doit s’appuyer sur un agent dédié et faire l’objet d’un suivi régulier par les inspections générales chargées respectivement de l’environnement et du développement durable et des affaires maritimes. Le renforcement de la connaissance scientifique, via si possible l’évolution de l’association de recherche et développement pour l’aquaculture (ARDA) vers un institut de recherche halieutique territorial, mis en place en partenariat avec l’Ifremer, pour une gestion adaptative de la ressource face aux mutations climatiques. L’optimisation de la flotte par un audit 360° permettant d’identifier la polyvalence et la performance des navires, préalable à une stratégie d’investissement cohérente et à la structuration de l’amont et de l’aval de la filière. L’État dispose, en raison du statut particulier de l’archipel, de leviers réglementaires spécifiques pour impulser cette transformation. L’enjeu dépasse la seule restructuration sectorielle : il s’agit de préserver l’identité maritime séculaire de Saint-Pierre-et-Miquelon tout en construisant un modèle économique durable. Un défaut de structuration efficace, exposerait l’archipel à une érosion progressive de ses quotas, de ses zones d’accès et à une gestion non durable de la ressource, compromettant à terme sa vocation maritime historique.

Auteur : Florence Castel, IGEDD
Publié le 9 janvier 2026

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