Les parcs nationaux face aux dégâts causés par des événements climatiques majeurs - Analyse des enjeux et propositions

Le principe de l’assurabilité des biens repose sur une mutualisation des risques, qui suppose un aléa suffisamment peu fréquent pour en assurer la soutenabilité, mécanisme remis en cause pour les aléas naturels par le changement climatique. Pour les biens assurables, la conséquence de la multiplication des sinistres ou de l’augmentation significative de la probabilité de sinistres futurs peut conduire des assureurs à dénoncer des contrats ou à en augmenter fortement le coût. Face à cette augmentation de fréquence, le soutien apporté par la tutelle des parcs nationaux (direction de l’eau et de la biodiversité – DEB – du ministère chargé de l’environnement) pour faire face à des dégâts majeurs est également remis en question. Pour les parcs et leur tutelle, cette question récurrente des actions à mettre en œuvre après des dégâts d’ampleur et de leurs moyens de financement doit conduire à reconsidérer les équilibres mis en place historiquement dans le cadre des conventions entre parcs et propriétaires des terrains, fréquemment des communes en Métropole. Alors que, pour faciliter leur acceptation locale, les parcs ont généralement pris dans ces conventions, de manière plus ou moins forte, des engagements de gestion des sentiers de randonnée et de pastoralisme, il apparaît indispensable aujourd’hui de réviser ces conventions pour rendre aux propriétaires leur responsabilité de maître d’ouvrage à la fois sur la gestion et sur le financement des actions d’entretien de ce patrimoine. De plus, les communes bénéficient des retombées économiques apportées par l’existence des parcs nationaux (pastoralisme, tourisme) ; elles sont éligibles à des financements des départements et régions au titre des politiques publiques pour l’environnement, le sport, la santé, la culture, le développement économique, etc., financements auxquels les parcs ne peuvent émarger. Les programmes budgétaires des ministères en charge de ces thématiques pourraient également être sollicités. Par ailleurs, les propositions spontanées d’aide aux parcs par des particuliers ou des entreprises après des catastrophes naturelles telles que celle qui a détruit le village de La Bérarde en 2024, dans le parc des Écrins, montrent qu’il est indispensable d’organiser la capacité à capter ces contributions qu’elles soient financières ou sous forme de main d’œuvre bénévole. Auteurs : Bruno Cinotti, Magali Domergue, Jérôme Wabinski, IGEDD Publié le 20 avril 2026

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