Structuration de la feuille de route 2025 - 2030 du génie écologique - Un modèle d’affaire à consolider, une montée en compétence à généraliser

Même si largement soutenu par la commande publique et la mise en œuvre de la séquence Éviter-Réduire-Compenser, le marché du génie écologique rencontre des freins et n’exploite pas tous les leviers de son développement. La présente mission interroge la place de l’État dans le développement du secteur du génie écologique et sa régulation. Elle s’est tout d’abord attachée à analyser la diversité des concepts liés aux notions d’ingénierie et de génie écologiques dont la profusion cloisonne l’action collective. Dans le contexte de déploiement du règlement européen sur la restauration de la nature et de la directive sol, les débats sémantiques et l’opportunité de création d’une filière ne constituent pas un enjeu prioritaire pour accompagner le développement de ces métiers. La mission considère que la priorité est de s’assurer que l’ensemble des savoir-faire du génie écologique s’intègre dans les filières et métiers existants pour apporter des alternatives techniques aux solutions classiques. Elle invite ainsi l’État et les acteurs professionnels à structurer un « modèle d’affaire », c’est-à-dire un modèle économique qui conçoit et décrit comment mettre en adéquation demande et offre, et créer de la valeur. La mission recommande d’apporter aux marchés publics des évolutions pour mieux identifier le génie écologique et met à la disposition des maîtres d’ouvrage « un vade-mecum » issu des retours d’expériences. Elle invite à développer des outils d’analyse et d’évaluation des coûts et des co-bénéfices et à sécuriser la chaîne d’approvisionnement. La montée en compétence des acheteurs et des prestataires revêt une dimension stratégique pour mieux structurer les besoins et les services du génie écologique. La mission appelle le ministère de la transition écologique, en s’associant à celui du travail, à se réinvestir en termes de pilotage et à mobiliser pleinement les opérateurs de compétences (OPCO). Le renforcement de l’attractivité des métiers du génie écologique passe par l’association de l’Office national d’information sur les enseignements et les professions (Onisep) et par une meilleure valorisation des compétences requises dans les parcours professionnels. La mission recommande de valoriser le partage des connaissances entre pairs, via le centre de ressources génie écologique rénové et piloté par l’Office français de la biodiversité (OFB). La mission conclut ses travaux sur les questions de gouvernance. Elle préconise à l’État de privilégier une posture de pilotage stratégique et d’orienter ses interventions sur des sujets aujourd’hui orphelins ou peu développés. Elle considère que les dispositions opérationnelles relèvent de la responsabilité et de la dynamique des acteurs professionnels et les invite à construire une interprofession rassemblant l’ensemble des métiers mobilisant le génie écologique afin de constituer un interlocuteur unique et représentatif dans son dialogue avec l’État.

Auteurs : Stéphane Hocquet, Hervé Parmentier, IGEDD ; Vincent Piveteau, CGAAER
Publié le 16 juillet 2026

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